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March of Giants : j’ai joué au nouveau MOBA d’Ubisoft, et il ne fait rien comme tout le monde

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J’ai joué à March of Giants, le nouveau MOBA d’Ubisoft qui veut faire de l’arène un champ de bataille de la Première Guerre Mondiale.

Après avoir été développé chez Amazon puis abandonné, March of Giants est désormais entre les mains d’Ubisoft. Après tous les déboires de l’éditeur depuis quelques années, on pourrait très facilement se demander : est-ce une bonne idée de mettre la main sur un MOBA, alors que le marché peine à faire entrer des nouveaux challengers de manière durable ? J’ai pu y jouer environ trois heures, et ce n’est finalement pas cette interrogation qui s’impose. Mais avant d’élaborer, un peu de contexte.

Il faut remonter quelques années en arrière pour comprendre pourquoi March of Giants arrive aujourd’hui chez Ubisoft. Le jeu a été développé à Montréal par une équipe créée chez Amazon Games, avec notamment Xavier Marquis, ancien directeur créatif de Rainbow Six Siege, à sa tête. Après une phase d’alpha fermée, Amazon a finalement cédé les droits du jeu et son studio montréalais à Ubisoft en décembre 2025. L’équipe a donc retrouvé la maison qu’elle connaissait déjà, avec l’objectif de poursuivre le développement de ce MOBA free-to-play.

Sur le papier, le pari est plutôt osé. En 2026, le marché du MOBA reste gigantesque, mais il est aussi particulièrement difficile à pénétrer. Les joueurs disposent déjà d’expériences extrêmement installées et connaissent souvent leurs jeux sur le bout des doigts. Arriver avec un nouveau titre signifie donc réussir à convaincre des joueurs de quitter, ne serait-ce que temporairement, leurs habitudes. Les équipes espèrent y arriver avec un à ce MOBA 4v4 qui mélange héros géants, troupes, construction et inspirations de la Première Guerre mondiale. Une formule ambitieuse… mais n’en fait-elle pas un peu trop ?

Capture Jeux March Of Giants (4)
© Ubisoft

Un MOBA qui veut faire la guerre autrement

La première chose qui saute aux yeux avec March of Giants, c’est son univers. Oubliez les traditionnels guerriers médiévaux ou les héros fantastiques qui s’affrontent sur une carte remplie de magie. Ubisoft transpose ici les codes du genre dans une Première Guerre mondiale revisitée, avec des tranchées, des lignes de front, de l’armement industriel et surtout beaucoup de troupes. Les développeurs expliquent avoir choisi cette période parce qu’elle correspond naturellement à la logique du genre. On retrouve ici des vagues de soldats qui avancent, des positions à défendre et des objectifs à conquérir.

Le concept reste pourtant très lisible, et c’était déjà le cas dans les premiers trailers. Les parties opposent deux équipes de quatre joueurs sur un champ de bataille classique à trois voies. Chaque joueur contrôle un géant tandis que des vagues de soldats progressent sur les différentes lanes de manière automatique. Mais contrairement à un MOBA traditionnel, vous ne vous contentez pas de gérer votre héros, il faut également commander ces troupes et construire des installations militaires pour accompagner votre progression.

Capture Jeux March Of Giants (3)
© Ubisoft

C’est justement là que March of Giants commence à devenir intéressant. Vous pouvez déployer différentes constructions, comme des tranchées, des chars ou des bunkers, afin de renforcer votre position et modifier le rapport de force, à la fois en statique et en déplacement. Les troupes sont elles-mêmes évolutives et participent réellement à la progression sur le champ de bataille. Ubisoft cherche donc à donner l’impression que la bataille ne repose pas uniquement sur quatre héros qui se tapent dessus, mais sur une vraie armée qui avance progressivement.

Beaucoup de choses à gérer en même temps

Après deux à trois heures de jeu, c’est aussi cette ambition qui m’a le plus interrogée. March of Giants propose énormément de choses à gérer simultanément. Il faut surveiller son personnage, ses capacités, ses adversaires, les vagues de soldats, les constructions, les ressources nécessaires pour les améliorer et l’évolution de la bataille sur les trois voies.

Capture Jeux March Of Giants (5)
© Ubisoft

Visuellement, c’est déjà énormement de choses à prendre en compte. Mais en termes d’accessibilité, on complique également le gameplay. Cela se traduit par des touches supplémentaires à prendre en main pour vraiment tirer profit des possibilités et surtout ne pas se laisser flouer par l’ennemi qui, lui, maîtrise son karaté.

Il existe heureusement quelques systèmes pour alléger la charge. Les achats peuvent notamment être effectués automatiquement lorsque l’on revient à la base, selon un build prédéfini en cochant une case à tout moment dans la partie, ce qui permet d’enlever une couche de microgestion. Mais malgré quelques petites facilités, la quantité d’informations à assimiler reste nettement supérieure à celle d’un MOBA plus classique.

La promesse d’Ubisoft est aussi de rendre son jeu accessible, mais les premières heures donnent plutôt l’impression d’un titre qui demande rapidement beaucoup au joueur. Si j’ai été particulièrement bien accompagnée par les équipes, ce ne sera pas le cas de tout le monde (personne en fait). Pour un joueur expérimenté, cette densité peut devenir une source de profondeur supplémentaire. Pour quelqu’un qui découvre le MOBA, elle pourrait au contraire représenter une montagne d’informations. Ne risque-t-on pas l’abandon précoce ?

Il faudra encore convaincre les joueurs

Ce serait extrêmement dommage, parce qu’après avoir apprivoiser la bête, on se rend assez vite compte du potentiel de March of Giants. Si chaque géant possède ses propres spécialités, le contrôle des troupes reste la partie la plus évolutive du jeu et celle qui apporte le plus de satisfaction lorsqu’elle est maîtrisée. Entre la redirection des charges, leur nombre grandissant, leur apparition sur demande et parfois leur transformation en d’autres entités, c’est LE point fort du titre.

Cette première prise en main laisse donc une impression assez particulière chez moi. March of Giants possède une identité claire, son univers de guerre légèrement fantastique, ses géants et surtout son mélange entre MOBA et éléments de stratégie lui permettent de ne pas donner immédiatement l’impression d’un simple clone de League of Legends ou Dota 2. Ubisoft assume d’ailleurs cette volonté d’ajouter de la profondeur au genre tout en restant accessible.

Mais une bonne idée ne suffit pas pour s’imposer sur un marché aussi concurrentiel. Il faudra encore voir si les différents champions seront réellement équilibrés, si les joueurs accrocheront suffisamment à cette formule pour y revenir pendant des mois et surtout si cette richesse ne finira pas par décourager les débutants. De mon côté toutefois, une deuxième plongée dans l’univers s’imposera pour confirmer ou infirmer le potentiel que j’ai vu dans cette preview.

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